Nature > le rappel du merle

Comment un petit merle nous rappelle les fondements de la nature

Depuis 3 semaines la canicule sévit.
La nature souffre, toutes les espèces tentent de survivre.
Les merles trouvent des repas de rois dans notre jardin. Ils soulèvent le paillage où ont été précieusement cachés dessous lombricompostage et vers de fumier travailleurs.
Mais leurs fouilles bi-quotidiennes ne sont pas délicates pour les plantes et les semis. Oignons, carottes, salades, fenouils subissent les mauvais traitements de leurs pattes et de leurs becs.
Vendredi à midi, mon fils encore bébé installé sur mon ventre, nous sommes tous les deux partis dans le jardin cueillir le repas de midi.
Depuis la veille, je cherche activement une solution pour éloigner les merles. Plusieurs appels téléphoniques pour trouver des filets en vain, j'ai aussi parlé avec un voisin qui me propose la solution extrême en trois lettres: « PAN »; non merci pas pour moi et encore moins pour eux.
Arrivés sur place, nous retrouvons le même chantier que les jours précédents : bacs de culture fouillés, paillage renversé. Je peste, sachant pertinemment qui sont les fautifs.
Quand tout à coup, sous une feuille immense d'une courge maxima, je repère un bec et des yeux noirs qui nous fixent.
Je me penche: c’est un merle.
Se moque-t-il de moi?
Est-ce un de ces provocateurs à la petite semaine?
Il est totalement perdu.
J'attends. J'observe.
Je sais qui est sa mère.
Elle niche normalement juste un peu plus haut dans une haie qui surplombe le jardin.
Ah la voilà !
La mère est très inquiète. Elle appelle son petit.
Il fait quelques bonds. Mais il n'est pas capable de voler. Il n'est pas blessé, juste trop jeune.
Je cherche le nid en vain.
Je ne sais pas quoi faire.
Malheur Sacha!
Le chat des propriétaires du terrain qui m’est prêté. Et ce n'est pas le seul chat du quartier. Encore la semaine dernière l'un d'eux à arraché un œil d'un jeune lapereau qui est mort dans mes doigts.

Il fait très chaud, bébé est trempé de sueur, je n’ai plus beaucoup de temps. Alors j’ai opté pour mettre le merle dans ma casquette pour le protéger de Sacha le chat et de ses nombreux congénères des environs. Je rentre à la maison.
Le merle s’est très bien acclimaté, en moins de deux heures. Il ouvre largement le bec quand nous approchons notre main au dessus de lui. Nous lui donnons de la purée de fruits et de vers de terre avec une seringue.
Il vient sur nous, fait des petits essais de vol, que nous encourageons.Il tente de passer d’un meuble à l’autre. Il doit avoir une dizaine de jours. J’irai le relâcher dans la nature d'ici 10 ou 15 jours. Pas question de le soustraire à son milieu naturel, il retournera chez lui libre. Ce n'est qu'une parenthèse de sécurité pour lui.



Je ne cesse de me répéter tout au long de mon travail et de mes recherches que nous ne devons pas travailler contre la nature mais avec la nature. Que pour des plantes cassées, je prenais le mauvais chemin, celui d'un combat. Le merle a son utilité dans la chaîne, c’est à nous de nous adapter. Quelques protections pour les semis les plus fragiles, mais surtout un bac où je viendrai déposer des lombrics et quelques mignardises pour que la petite famille puisse manger en toute quiétude plutôt que de venir dans les plantations.

Merci à ce petit merle de m’avoir montré le bon chemin.


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About pierre1911

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1 commentaires :

  1. Bravo, une fois de plus, de m'avoir enchanté, par votre récit,qui amène une bonne réflexion, sur le "comment faire" pour aider la nature à vivre et à survivre...
    Je viens de m'abonner à votre blog.
    Merci aussi pour la qualité de vos propos;-)

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